
Depuis quelques années maintenant, avec l’essor des croisières, notamment dans les régions boréales, on observe un phénomène de “tourisme de la dernière chance”. Les touristes affluent vers ces régions, motivés par le désir de contact avec ce qui demain ne sera plus que photographie, antiquité exposée dans un musée, vestige d’un monde révolu. C’est comme si le présent était déjà enterré. Or, derrière cette inquiétude internationale grandissante pour les problématiques du réchauffement climatique souvent médiatisé par la diffusion d’images de la fonte des glaces notamment de l’inlandsis Groenlandais, de la banquise, ou encore de la disparition d’espèces comme l’ours polaire, il y a une profonde rupture, et une incompréhension de la réalité vécue. Dans l’imaginaire collectif, l’Arctique répond à une définition plutôt uniforme, caractérisée par un climat froid, des peuples et coutumes aux mobilités nomades qui évoquent les anciens temps de l’humanité, ainsi que des écosystèmes endémiques mystérieux, perdus dans l’immensité des étendues. Or, les peuples tout autant que les paysages et territoires de l’arctique sont d’une extrême diversité et évoluent dans des réalités historiques et géographiques bien spécifiques.
Cependant, les peuples Inuits ont une caractéristique commune, du moins depuis la fin du XXème siècle : ils sont les témoins silencieux et impuissants de la disparition de leur mode de vie, en raison de l’implantation croissante de populations Européennes, Russes, États-Uniennes, mais également des retombées climatiques dues en partie aux activités humaines (puissances industrielles, mondialisation…), sur la fragilité des mondes arctiques. Le Conseil Inuit Circumpolaire, est une organisation non gouvernementale créée en 1980 par et pour les peuples Inuits. Il regroupe autour d’une même table, les représentants de communautés autochtones de régions variées, allant des Gwich’in des Territoires du Nord Ouest Canadien, aux Nenets, peuples Samoyèdes de Russie, ou encore les Inuits du Groenland. Cette mise en relation des réalités vécues, des identités de l’Arctique, dit quelque choses sur la façon dont des peuples autochtones et groupes minoritaires sont invisibilisés sur la scène internationale. Cette ONG résulte d’un besoin d’exister, de trouver du nombre pour justifier sa force, mais avant tout sa présence et faire prendre conscience que l’arctique n’est pas seulement une vitrine du futur, en bien (opportunités) comme en mal réchauffement climatique), mais un espace vécu depuis bien longtemps.
En quoi la structure particulière du Conseil Inuit Circumpolaire permet-il aux peuples Inuits de se sentir représentés ? Comment délimite-t-elle des vulnérabilités et envisage-t-elle les principaux enjeux ? Dans quelles mesures son champ d’actions peut-il apparaître encouragé comme restreint par la communauté internationale ?
- Une réalité climatique et retombées écologiques des convoitises internationales
En Juillet 2014, trois gigantesques trous au Nord de la Sibérie occidentale se forment dans la péninsule de Yamal. Parmi les nombreuses hypothèses quant aux origines de ces inquiétantes formations géologiques, la plus avérée est celle de la fonte du pergélisol. L’effondrement de cette surface rocheuse gelée a libéré d’importantes quantités de méthane dans l’atmosphère. Même chose, avec le recul de la ligne de Köppen (isotherme fixé à 10° C en Juillet – limite qui fluctue autour du cercle polaire), la ville de Kiruna en Suède, a dû être déplacée en raison de cette fonte du pergélisol. La ville minière s’est en effet effondrée sur elle-même. Les événements de ce type se multiplient en Arctique, et trouvent leurs causes dans le changement climatique, amplifié par l’activité humaine dans ces régions boréales de plus en plus convoitées par la communauté internationale. Cette urgence climatique impacte en première ligne l’écosystème des régions polaires mais également, les populations autochtones dont le mode de vie traditionnel dépend entièrement du froid. Depuis plus d’un siècle, les régions Arctiques connaissent de profondes mutations géographiques, économiques et sociales, avec une répartition humaine qui se développe de plus en plus en « archipel » avec un afflux de populations en provenance d’Europe et une tendance à la sédentarisation des populations traditionnelles, redécoupant un nouveau mode de vie marqué par les conditions imposées par la « Nordicité » (différents niveaux de Nordicité définis par Hamelin).

Photographie extraite du Journal de la Marine Marchande (« Les passages du Nord-Est et du Nord-Ouest fermés pour la première fois en 12 ans » publié le 01/02/2022)
De nombreux articles de presse parlent d’un “Arctique à vendre”. La communauté internationale, et principalement les puissances riveraines de l’océan glacial arctique (Péninsule Scandinave, Canada, USA avec l’Alaska, Russie et Danemark avec le Groenland) se disputent le contrôle de nouvelles routes commerciales particulièrement enviables dont le passage du Nord Ouest, progressivement libéré des glaces. De plus, les catastrophes écologiques qui se sont produites ces dernières décennies en disent long sur la façon dont les puissances internationales conçoivent ces espaces. En effet, les considérables richesses minières (diamants, or…), hydrocarbures (gaz, pétrole…) ou encore halieutiques (différents entre le Canada, la Russie et le reste de la communauté internationale pour bénéficier de zones économiques exclusives plus larges avec la fonte de la banquise) font de l’Arctique un terrain d’extraction convoité par tous les géants multinationaux des énergies comme Gazprom. C’est dans ce contexte qu’une catastrophe écologique Arctique majeure à lieu et marque durablement les mémoires notamment des peuples qui ont été impactés. Le 24 Mars 1989, un accident pétrolier au Sud de l’Alaska provoque une immense marée noire avec près de 39 000 tonnes de pétrole qui se déversent dans le Golf d’Alaska. Plus récemment, en juin 2020, l’activité d’extraction de nickel dans la ville minière de Norilsk en Russie provoque une fuite d’eaux contaminées dans un lac proche, et vient menacer tout l’écosystème environnant, ainsi que la santé publique. Les décisions des puissances internationales, comme les Etats Unis, menacent des écosystèmes fragiles dont dépendent souvent des peuples endémiques. En, 2019, le président Trump décide par exemple de signer une autorisation de forage dans la zone 1002, sur la trajectoire migratoire de la plus grande harde de caribous d’Alaska dont dépend le peuple Gwich’in des territoires du Nord Ouest. Des projets et construction d’oléoducs au canada ou encore en Alaska viennent également menacer un mode de vie en coupant des continuités migratoires et écologiques, tout en amplifiant le risque d’incidents écologiques majeurs comme celui du Golfe d’Alaska.
- Un vécu autochtone marqué par une dynamique de l’invisibilisation
Dans la continuité de ces préoccupations écologiques et environnementales, la mosaïque de peuples autochtones des différentes régions arctiques connaît une réalité sociale souvent similaire et voit son intégrité menacée depuis le début de l’influence de l’implantation occidentale. L’explorateur, anthropologue et géomorphologue Jean Malaurie mène une mission au Nord-Ouest du Groenland à l’été 1950, où il est témoin de la migration forcée des Inuits lors de la construction de la base militaire américaine secrète de Thulé. Il relate cet évènement avec son compagnon de route Kutsikitsoq, dans Les derniers rois de Thulé publié en 1955, et il fonde la collection « Terre humaine » dans la foulée. Trop souvent, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les peuples Inuits ont dû quitter leurs terres ancestrales, et donc abandonner leurs pratiques traditionnelles de chasse, en raison des planifications géopolitiques, militaires et économiques des grandes puissances internationales. Sur cette même période, des familles Inuits du Canada forcées de quitter leurs terres ancestrales au courant de la seconde guerre mondiale, sont utilisées par les Etats Unis pendant la guerre froide pour servir de “rempart humain” à d’éventuelles attaques de l’URSS. Elles sont placées en 1963 entre les deux puissances pour assurer le contrôle indirect des territoires frontaliers du Nord. La Compagnie de la Baie d’Hudson est la principale responsable de la formation de cette “Inuit Belt” qui délocalise des familles au Nord du Canada prétextant vouloir leur permettre un retour au mode de vie traditionnel. Des exemples comme ceux de Thulé ou encore de la baie d’Hudson, témoignent d’une sédentarisation forcée, mais également d’une relégation à l’arrière-plan de la condition des peuples autochtones dans l’organisation et l’évolution des populations à une échelle internationale. Aujourd’hui, de nombreuses communautés autochtones, souvent sédentarisées dans ces grandes villes-archipels des régions Arctiques (Mourmansk, Iqaluit, Yellowknife…), vivent des difficultés de discriminations et d’inégalités et connaissent notamment une insécurité alimentaire chronique, accompagnée d’une impossibilité d’accéder aux services de santé, ou encore de trouver un emploi.

Les récentes politiques de l’habitat (G50 et 60) en arctique semblent être vectrices de marginalisations, en modifiant la géographie des lieux mais aussi l’identité et l’organisation sociale traditionnelle. Dans son article Se loger et étudier à Nuuk, Marine Duc relève un fort taux de suicide et d’alcoolisme notamment chez les jeunes (cas pour Nuuk au Groenland, mais également vrai dans d’autres capitales comme Yellowknife dans les Territoires du Nord Ouest Canadien). Il y a également une discrimination des étudiants autochtones Groenlandais. Ces derniers rentrent souvent déçus de leur expérience au Danemark. Même chose au Canada : certaines villes présentent des quartiers (« center town ») où les populations autochtones vivent de graves discriminations, comme à Ottawa, où près des 3 800 autochtones qui y sont établis sont marginalisés, en situation d’insécurité alimentaire et de logements. Les villes deviennent symbole de la modernisation et de la sédentarisation des peuples Inuits ainsi que de « l’évolution » d’un point de vue occidental des régions arctiques. Cette réalité vécue par les peuples autochtones est inscrite dans un contexte géographique et social particulier en Arctique, qui s’articule en trois modèles principaux d’après E. Grabb – Theories of social inequalities (2007). On compte 24 régions circumpolaires parmi lesquelles on distingue trois blocs principaux (avec des variations importantes néanmoins à échelles locales) : USA (exploitation de ressources notamment diamantaires, présence militaire, niveau de vie correct mais forte mortalité infantile au Nunavut) , pays nordiques (coefficients de GINI les plus égalitaires : vie industrielle diversifiée, tourisme actif – modèle particulier au Groenland cependant) et fédération de Russie (coefficient de GINI le moins favorable avec une activité intensive d’usines anciennes, dangereuses, notamment à Mourmansk ou Norilsk, et une faible espérance de vie). C’est à partir de ces formes de pouvoirs que se nouent les relations sociales et émergent par conséquent les inégalités. Ces inégalités se cristallisent et produisent de l’enfermement en générant de l’exclusion (questions de genre, d’ethnie, d’appartenance géographiques…).
- Le Conseil Inuit Circumpolaire et son champ d’actions

Né d’une volonté des peuples autochtones Arctiques de développer et de disposer de leur propre patrimoine ainsi que de leurs droits, le Conseil Inuit Circumpolaire est aujourd’hui une des organisations autochtones les plus renommées de la planète, forte de quarante années de combat pour la revendication des droits fondamentaux (avancement de nombreux dossiers sur la scène internationale). Créée en 1977 par Eben Hopson, politicien américain et représentant Inuit (Utqiagvik, Alaska), elle s’élève aujourd’hui au rang d’experte des enjeux des régions polaires au sein de l’ONU et fait entendre une voix éclairée d’informations et de vécus authentiques, proches de la réalité et donc nécessaires à l’appréhension des enjeux lors des rencontres des nations unies (pour l’échelle localisée des peuples représentés, mais également pour des préoccupations internationales comme le changement climatique). Ce conseil se réunit tous les 4 ans autour de thématiques comme la santé, le droit, la culture, le transport, la nourriture, l’environnement, etc.

Cette affiche, créée par les représentants des communautés Inuits du CIC (Canada, Alaska, Groenland, Tchoukotka) illustre les principaux enjeux visés par l’ONG (lesquels interagissent les uns avec les autres) : culture, éducation, langue, connaissances autochtones, santé, familles et jeunes, bien-être mental, sécurité alimentaire, environnement, recherche, faune et développement durable. Ces questions sont portées devant le Conseil de l’Arctique (forum intergouvernemental prééminent pour la coopération dans l’Arctique créé en 1991 – nouvelle présidence tous les deux ans – représentation de 8 États Arctiques : Canada, les États-Unis, la Norvège, la Finlande, la Suède, la Russie, l’Islande et le Danemark), les Nations Unies, le gouvernement et les forums de la société civile. Le Conseil Inuit circumpolaire met également en avant un certain nombre de documents comme le chapitre international du Cadre stratégique pour l’Arctique et le Nord, publié en 2019, ou encore sa participation et sa matérialisation dans des organes de l’ONU.
Ces travaux qui s’intègrent dans le paysage diplomatique du conseil de l’arctique permettent d’impulser de nouvelles démarches au sein des nations unies (comme « l’intervention coordonnée en cas d’urgence en mer par l’intermédiaire du Forum de la Garde côtière arctique; la protection des espèces endémiques (ours polaire, caribou, etc.) ; le développement économique par l’entremise du Conseil économique de l’Arctique; et l’enseignement, la coopération scientifique et la recherche circumpolaires par l’intermédiaire de l’Université de l’Arctique (UArctic) »). Des sous-groupes d’évaluation sont créés sur les différentes thématiques étudiées (exemple : AMAP – Arctic Monitoring and Assessment Programme, CAFF – Conservation of Arctic Flora and Fauna, EPPR – Emergency Prevention, Preparedness and Response, PAME – Protection of the Arctic Marine Environment et SDWG – Sustainable Development Working Group). On note donc un déploiement de stratégies de lobbying. Le développement du discours peut être divisé en deux phases. La première porte sur les revendications territoriales et la participation des Inuit à la gouvernance ; la seconde vise le respect de l’environnement arctique pour des raisons de santé publique. Quatre étapes se découpent pour cette deuxième partie :
- l’appui sur des conclusions scientifiques
- un argumentaire basé sur les droits de l’Homme et la santé publique
- l’utilisation des organismes internationaux afin de se faire entendre auprès des gouvernements visés
- les pressions sur le gouvernement canadien afin que ce dernier matérialise ses préoccupations de santé
environnementale ainsi que de respect des droits de l’homme dans des textes de lois et des conventions
internationales
On constate d’ailleurs en nous rendant sur le site officiel du Conseil Inuit Circumpolaire, une succession de rapport particulièrement détaillés qui mettent en valeur la transparence de la volonté d’action de l’ONG sur les principales thématiques pointées.
Le Conseil Inuit Circumpolaire est l’une des six organisations autochtones participantes permanentes. La catégorie des participants permanents, soutenus par un Secrétariat des peuples autochtones (IPS), basé à Tromsø, en Norvège, a été créée pour assurer l’inclusion active et la consultation des représentants autochtones de l’Arctique au sein du Conseil de l’Arctique. Ce principe s’applique à toutes les réunions et activités du Conseil de l’Arctique. Cela rend la position des peuples autochtones de l’Arctique au sein du Conseil de l’Arctique, ainsi qu’au sein de l’ONU (pour les questions de changement climatique, de conflits, de gestion des écosystèmes, produits chimiques et déchets et ressources naturelles) tout à fait unique par rapport au rôle (souvent marginal) de ces peuples dans d’autres organes gouvernementaux internationaux. Cependant, la prise de décision au sein du Conseil de l’Arctique reste entre les mains des huit États membres, sur la base d’un consensus. Le statut consultatif du Conseil Inuit Circumpolaire au sein de l’ONU permet de faire progresser les droits fondamentaux des populations Inuits grâce à de nombreuses contributions qui permettent de faire valoir ces droits, mais aussi de médiatiser l’existence des populations autochtones au sein de l’espace arctique, mais aussi et avant tout sur la scène internationale. C’est en travaillant au sein des Nations Unies que les Inuits ont contribué à la création de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), adoptée le 13 septembre 2007. Ce document historique est un outil essentiel pour les Inuits dans la lutte continue pour protéger les droits de la personne, les traditions culturelles, le progrès économique et le développement politique. Le conseil joue également un rôle fondamental dans les études scientifiques menées sur les ravages du changement climatique dans les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Les interactions politiques, entre ONG, organisations internationales, coopérations intergouvernementales, représentations locales et l’organisation des Nations unies, sont particulièrement complexes. On peut néanmoins visualiser la portée des actions du CIC au sein d’uns système emboîté : d’abord les communautés locales regroupées, ensuite le conseil de l’arctique, enfin l’ONU et ses quelques organes spécifiques auxquels il prend part dont :
- United Nations Permanent Forum on Indigenous Issues (UNPFII)
- United Nations Framework Convention on Climate Change (UNFCCC)
- United Nations International Maritime Organization (IMO)
- United Nations Convention on the Law of the Sea (UNCLOS)
- United Nations Environment Programme (UNEP)
- Stockholm Convention on Persistent Organic Pollutants (POPs)
- Minamata Convention on Mercury (Minamata Convention)
- United Nations Division for Sustainable Development Goals (DSDG)
- United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples (UNDRIP)

- Création d’une ONG en faveur de la défense des droits des peuples autochtones
“Les Inuits sont un peuple international”. Cette citation est utilisée plusieurs fois dans les rapports annuels ou spécifiques (santé, environnement…) produits par le CIC. Les populations autochtones des régions arctiques dénoncent une impossibilité de manipuler des pouvoirs afin de diriger leur propre vie (juridique, économique, politique, idéologique, culturelle…). Béatrice Collignon, géographe spécialiste de l’Arctique parle d’un savoir vernaculaire riche dans la culture Inuit, avec une représentation de la vie, de l’espace, qui s’adapte aux conditions particulièrement rudes des régions du Pôle Nord. “Le sens accordé au terme «Inuit» a évolué. D’êtres humains au sens large, il en est venu à désigner les Autochtones de l’Arctique canadien pour ensuite s’élargir à d’autres peuples autochtones de la région circumpolaire. Cette évolution sémantique témoigne de l’élaboration d’une nouvelle référence identitaire. Celle-ci doit se comprendre dans le contexte revendicatif contemporain. Elle se trouve consolidée dans le discours des leaders de la Conférence inuit circumpolaire : le savoir traditionnel, le lien avec le territoire et le partage d’une même histoire coloniale constituent des symboles unificateurs qui prennent leur sens dans une relation dialectique avec l’autrui privilégié que représente le «Blanc»”, Le cas de la Conférence inuit circumpolaire, Jérôme Bouchard. Les relations de coopération et la recherche de rapports étroits avec la communauté internationale résulte donc d’un besoin de réussir à exister par soi même en cherchant à représenter une identité mais aussi des problématiques ; car sans représentation, sans médiatisation, il n’y pas de considération. Voilà pourquoi sur le site du Conseil Inuit Circumpolaire mais autant en avant sa participation à des évènement majeurs comme la COP 26. Produire une nouvelle voix, longtemps invisibilisée, permet d’enrichir les déclarations internationales, les droits de l’homme et leur application (déclaration d’Utqiaġvik ou encore déclaration des nations unies sur les droits des peuples autochtones), dans un processus de négociations et d’interactions (dont résulte par exemple la création du Nunavut au Canada).
Les régions arctiques sont les premières régions du monde à subir directement les impacts du réchauffement climatique, et à nous renvoyer par conséquent un aperçu d’un futur proche, notamment avec la dénaturation profonde de nombreux milieux géologiques, qui à leur tour, viennent impacter la faune, la flore, ainsi que les modes de vie traditionnels principalement. Se limiter à définir l’espace arctique en fonction des cadres imaginaires de nos cartes, de nos sociétés, avec une idée générale des spécificités territoriales, géomorphologiques, climatiques, ou encore en fonction des seules ressources naturelles enviables sur le plan économique, revient finalement à occulter complètement une réalité vécue complexe, fragile, variée (aplanissement des réalités aux pôles dans la perception internationale – La position des Pôles, petit traité de géopolitique subjective, François Garde). Les régions arctiques sont aujourd’hui le théâtre de nombreuses considérations et convoitises internationales. Au cœur de ces relations complexes et de ces problématiques, les peuples Inuits, à l’image de la diversité des réalités, mais également de valeurs et inquiétudes communes, sont le visage à multiples facettes des régions du grand nord. Le conseil inuit circumpolaire est une organisation non gouvernementale particulièrement complexe, à l’image de ce schéma général des problématiques qui animent le monde arctique, qui donne une voix aux minorités autochtones grâce à l’unité qu’elle génère.
Bibliographie
PARTIE I
- “Pollution de l’Arctique: le géant minier Norilsk Nickel condamné à une amende record”, 02/2021, La
voix du Nord – https://www.lavoixdunord.fr/931179/article/2021-02-06/pollution-de-l-arctique-le-geant-minier-noril
sk-nickel-condamne-une-amende - MALAURIE Jean, “Les derniers rois de Thulé” (1955)
- Les inégalités du grand nord – prise de note d’une conférence de l’université canadienne Laval basée sur
les recherches de GRABB E. “Theories of social inequalities” https://youtu.be/UAoiVwEYoks - DUC Marine “Se loger et étudier à Nuuk” (2018)
PARTIE II
Liens menant à plusieurs rubriques contenues dans le site officiel du Conseil Inuit Circumpolaire
- https://www.inuitcircumpolar.com/ https://
- http://www.inuitcircumpolar.com/media-and-reports/
- https://www.inuitcircumpolar.com/about-icc/iccs-political-universe/
- https://inuit.org/en/press/3060/
- Rapport d’activité du Conseil Inuit Circumpolaire pour l’année 2020-2021 -https://secureservercdn.net/45.40.145.201/hh3.0e7.myftpupload.com/wp-content/uploads/ICC-2020-2021-Annual-Report_E_WEB.pdf
- Rapport de l’Assemblée Arctique de 2014 -https://www.inuitcircumpolar.com/wp-content/uploads/arctic_circle_2014__website_version_.pdf
Documentation de l’Université Laval
- VEZEAU Nicolas “Le lobbying du conseil inuit circumpolaire”, mémoire de maîtrise Universirté Laval -https://corpus.ulaval.ca/jspui/handle/20.500.11794/22577
- BOUCHARD Jérôme, “Le cas de la conférence inuit circumpolaire” mémoire de maîtrise Universirté Laval -https://www.aspects-sociologiques.soc.ulaval.ca/sites/aspects-sociologiques.soc.ulaval.ca/files/uploads/pdf/Volume_15/2_bouchard2008_0.pdf
- https://www.jstor.org/stable/42869879
- https://www.rcinet.ca/regard-sur-arctique/2019/12/13/cop25-climat-inuit-environnement-changements-climatiques-arctique-conseil-circumpolaire-inuit-cci/
Extraits de documents référents à des articles de lois
- “Déclaration des droits des peuples autochtones” https://www.frwiki.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_des_peuples_autochtones
- “Inuit Circumpolar Council conclude their 13th General Assembly” (07/2018) https://www.uarctic.org/news/2018/7/inuit-circumpolar-council-conclude-their-13th-general-assembly/
- Utqiaġvik Declaration 2018 https://www.arctictoday.com/wp-content/uploads/2018/07/2018-Utigavik-Declaration.pdf
Support de cartes
- http://jmgleblog.eklablog.com/les-mondes-arctiques-une-nouvelle-frontiere-a126372394?noajax&mobile=1
Proposition d’ouverture
- GARDE François, La position des pôles, petit traité de géopolitique subjective
- PETER Aaju, “The language of the Inuit” (2018), Université de Québec à Montréalhttps://youtu.be/ybo_d3p-n_U

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