La déforestation

Réflexions sur des enjeux majeurs pour le futur

Marie Zekri, 28/02/2021

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État de Acre, Brésil, 2016 // © Sebastião Salgado

Le risque climatique est aujourd’hui omniprésent. L’être humain traverse une des périodes les plus complexes de son histoire. Il se pourrait bien que les enjeux écologiques contemporains constituent l’un des plus grand défis que l’humanité n’ai eut à relever depuis ses origines. Nous nous trouvons d’une certaine façon sur le fil du rasoir. Les ressources du monde entier diminuent de jours en jours. La population humaine continue de croître exponentiellement. Les images de déforestations, phénomène systématique observé sur l’ensemble du globe, constituent, avec celles de la fonte des glaces, un des témoignages les plus inquiétants de la situation dans laquelle nous nous trouvons. La disparition progressive des forêts du globe est le miroir des conséquences de nos actions, à la cause de la disparition de toutes les ressources nécessaires à notre survie en passant par celles que nous buvons (la disparition des forêts engendre une diminution de taux d’humidité, de précipitations et donc, une amplification du phénomène de désertification), mais aussi celles que nous respirons (problème de rejet de CO2 dans l’atmosphère ainsi que d’un manque de production de 02). L’homme a transformé son environnement, et ce de manière irréversible. En modifiant profondément les paysages et en coupant les arbres, nous avons coupé en grande partie la Terre d’un système complexe qui a mit des millions d’années à se mettre en place (réseaux de racines, activités symbiotiques, biodiversité…). Nous avons appauvrit la terre, réduit nos capacités de production, crée tout un tas de réactions en chaine qui ne font que s’aggraver avec le temps.

Nous cherchons ici à nous demander s’il existe une possibilité d’inverser le processus enclenché, ou du moins, de lui donner une autre direction. Face à cette urgence d’agir, tous les Etats du monde se trouvent impliqués. Cependant, la réalité sur la scène internationale par rapport à la question de la déforestation en l’occurrence, est particulièrement complexe.

Une urgence d’agir pour endiguer les conséquences de la déforestation : différents acteurs impliqués dans la crise internationale, différents positionnements.

Selon le Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, Luc Gnacadja, « la communauté internationale est à la croisée des chemins et doit choisir entre deux voies, l’une consistant à faire comme si de rien n’était, ce qui se traduira par des sécheresses sévères et prolongées, des inondations et des pénuries d’eau, l’autre consistant à mettre en commun les actions en faveur d’un développement durable ». Rappelant que le message central de cette Décennie, c’est que la terre est la source de la vie, Luc Gnacadja a insisté sur l’objectif de cette initiative globale de l’ONU : « forger un partenariat mondial visant à enrayer et prévenir la désertification et la dégradation des terres et à atténuer les effets de la sécheresse dans les zones touchées afin d’appuyer la réduction de la pauvreté et la durabilité environnementale ».

En effet, on retrouve au sein de la communauté internationale, différents types d’attitudes, indifférentes voir totalement hostiles pour certains dirigeants comme Donald Trump (nous développeront un cas en particulier un peu plus loin) ou Jair Bolsonaro ; ou encore intéressée pour d’autres, comme c’est le cas avec le premier ministre Ethiopien, Abiy Ahmed (dont nous parlerons également plus tard). Il y a en effet un sentiment d’inaction global assez généralisé sur la question de la déforestation. Dans d’autres cas, le gouvernement se doit d’agir dans l’urgence. Qu’est ce qui fait que les actions d’un pays sont intéressées ? Des changements s’opèrent-ils réellement au sein de la communauté internationale (via le protocole de Kyoto par exemple ou encore de la COP 21) ?

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Nous allons commencer par nous intéresser au projet de « Grande muraille verte » en Chine (4 800 km/1 500 km, le long du désert de Gobi), lancé en 1978, qui compte aujourd’hui des milliards d’arbres plantés. Les autorités Chinoises projettent également de planter une forêt de la taille de l’Autriche en un an. En 2018, le gouvernement chinois affecte son armée (60 000 soldats concernés) pour reboiser 84 000 km2 de terrain. L’objectif est de lutter contre la pollution des grandes villes comme Pékin ou Shanghai. Mais avant tout, il est question de lutter contre la menace de la désertification dans certaines zones (comme sur les bordures du désert de Gobi). Le président de la RPC, Xi Jinping déclarait le 17 octobre 2017 : « Construire une civilisation écologique est vital pour le développement de la nation chinoise. Nous allons adopter une approche globale pour conserver nos montagnes, rivières, forêts, lacs et mettre en place les systèmes les plus ambitieux pour protéger l’environnement et développer un modèle de croissance et des modes de vie écologiques ». En 5 ans, la Chine a remplit la moitié de l’objectif qu’elle s’était fixé en 1 an : 338 000 km2 de forêts ont été plantés. Ici, avec le cas chinois, on se rend bien compte de l’ambigüité de la position de certaines puissances face à la question écologique et plus particulièrement de la reforestation. En effet, le président Xi Jinping tient ce discours alors même que les usines à charbon du pays continuent de tourner. De plus il parle de « mettre en place les systèmes les plus ambitieux », et non pas ceux qui sont nécessaires, par exemple, à remédier à la progression dramatique du désert de Gobi et ses impressionnantes tempêtes de sable qui poussent jusqu’à Pékin (« le dragon jaune »). Le désert progresse de 3 000 km2 chaque année, en raison de la déforestation massive qui a eut lieu à la moitié du siècle dernier ordonnée par Mao pour procéder à l’industrialisation du pays, et fait des milliers de réfugiés climatiques. Encore une fois, on entre dans un jeu de pouvoir, une sorte de course à la performance. L’argument écologique et environnemental est devenu en quelque sorte un nouvel indicateur de développement, de puissance et de richesse d’un pays, et non pas une préoccupation au sens premier du terme.

Grande muraille verte en Chine

Nous pouvons nous référer à des exemples similaires (d’une ampleur moindre), ou l’argument écologique est utilisé à des fins politiques. Un reportage réalisé par le monde, décrit l’activité de reboisement menée par le premier ministre Ethiopien Abiy Ahmed depuis Mai 2019. Son projet : « le programme national pour le développement vert vise la plantation de 4 milliards d’arbres durant la saison des pluies ». Cette démarche est positive dans le sens ou elle déclenche un engouement au sein de la population. Le 29 Juillet 2019, les Ethiopiens plantent en une seule journée pas moins de 350 millions d’arbres aux quatre coins du pays, permettant de proposer une solution à la déforestation de masse qui s’est opérée tout au long du 20ème siècle en Ethiopie (35% de masse forestière en 1900, contre 2% au début des années 2000 et 15% ces dernières années grâce au travail de reforestation). Cependant, sur plus de 4 milliards d’arbres plantés entre 2000 et 2015, seul 20 à 30% ont survécu. En un sens, l’activité de reboisement en Ethiopie reste assez floue (choix des plantes, entretient…). Le nombre colossal d’arbres planté donne un poids diplomatique à l’Ethiopie dans des grandes conférences internationales comme la COP 21 à Paris, de plus, il s’agit d’une campagne de communication très efficace pour le premier ministre qui a prit ses fonctions en 2018. On retrouve le même type de problématique au Sri Lanka par exemple avec le projet de reforestation mené par le président.

Malgré une démarche relativement intéressée de la part de certains dirigeants, ces vagues de reforestations ont un impact positif pour l’environnement et révèlent une vague de mobilisation au sein des populations autour de la cause environnementale. Avec l’exemple des réfugiés climatiques du désert de Gobi (souvent des minorités ethniques chinoises), nous nous sommes rendus compte que la déforestation a un impact direct sur les populations, et particulièrement, les populations les plus pauvres ou des peuples endémiques qui dépendent directement de la forêt. Ce sont aussi les droits de l’Homme et des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui sont menacés par la déforestation.

Selon un reportage de National Geographic, la tribu des Quouicourou, peuple endémique d’Amazonie, aurait fait la démarche de faire venir les caméras de leurs reporters afin de lancer un cri d’alarme : « que va devenir notre peuple ? C’est pour ça que nous vous avons fait venir », tandis que la forêt brule à leurs portes. Même chose avec les Indiens Satéré Mawé. Dans l’article issu de la revue Le monde diplomatique, intitulé Commerce équitable chez les Indiens Satéré Mawé par Jacques Denis. Des grandes firmes internationales comme Pepsi, se sont implantées sur leur territoire afin d’exploiter dans les années 2010, le guarana, cultivé par ce peuple de façon ancestrale. La mobilisation des Satéré Mawé leur  a permis de « gagner un procès contre la société Elf qui, en 1981, avait prospecté en violant leur territoire. Les Satéré Mawé ont reçu 76 200 euros de dédommagement. Grâce à cette expérience, l’idée de développer leur propre économie autogérée, sans aucun recours aux subventions, a pu commencer à faire son chemin ».

Enfin, dans la taïga d’Alaska, au cœur du National Wild life refuge, se trouve une zone que l’on appelle « la zone 1002 ». Cette aire géographique regorge de ressources en hydrocarbures. Cependant, elle se trouve elle constitue le territoire de migration de la plus grande harde de caribou au monde dont dépend le peuple Gwich’in. L’administration Trump a tenté d’implanter des structures de forage pour l’extraction pétrolière, cependant, la mobilisation des Gwich’in, avec l’appui du conseil circumpolaire Inuit est parvenue à repousser la pression exercée par l’ancien président américain, dans une démarche de préservation de la taïga, de l’écosystème, ainsi que des droits Inuits.

Trouver des solutions auprès des populations locales, et utiliser la force d’une mobilisation internationale en ciblant des points stratégiques : une nécessité d’agir en faisant les bons choix.

  1.  « La reforestation » est-elle notre solution ? Est-elle réellement envisageable ? Comment imaginer l’avenir ?

Selon un reportage réalisé par BRUT, intitulé « Reforestation massive : la solution pour limiter le réchauffement climatique », on apprend qu’il faudrait planter près de 1 200 milliards d’arbres afin d’absorber les deux tiers CO2 produit par l’Homme depuis l’ère industrielle (estimations d’une étude Suisse). Nous parlons donc ici d’une « reforestation de masse » car la surface nécessaire pour un tel projet serait de 9 millions de km2, soit, la superficie des Etats Unis. 205 milliards de tonnes de CO2 pourraient ainsi être absorbées grâce l’activité photosynthétique des végétaux. En termes d’efficacité, les énergies renouvelables, qui permettent également de réduire le rejet de C02 dans l’atmosphère, ont ce défaut qu’elles nécessitent de longues périodes de transition  énergétique. Or, l’activité de reboisement permet d’offrir de nouvelles perspectives pour l’avenir, sur le plan écologique, financier, mais aussi humain.

En effet, nous allons voir qu’un certain nombre de projets ont vu le jour ces dernières années et permettent d’accompagner intelligemment cette transition énergétique tout en favorisant le développement local. Selon Thomas Crowther, professeur et écologiste à l’école polytechnique fédérale de Zurich, « les projets les plus rentables sont capables de reforester pour 30 centimes de dollars par arbres ». Des chercheurs du monde entier ont cherché à découper des aires géographiques les plus adaptées pour un projet d’une telle ampleur. Ces zones regroupent tous les éléments nécessaires à la croissance des plantes : conditions climatiques et superficies disponibles. Plus de la moitié des surfaces sélectionnées se trouve ainsi dans 6 pays dont les Brésil, les Etats Unis, le Canada, la Russie, la Chine et l’Australie. T. Crowther explique qu’il n’est pas question de « cibler les zones urbaines ou agricoles, mais uniquement les terres dégradées ou abandonnées. Cela pourrait permettre de relever les deux plus grand défis de notre époque : le changement climatique et la perte de biodiversité ». Ainsi, on constate qu’un tel projet de reforestation massive à l’international est en fait largement envisageable dans la mesure où il n’entache pas sur la demande croissante en nourriture qui accompagne l’augmentation de la population internationale.

Dans l’article, Les friches : espaces en marge ou marges de manœuvre pour l’aménagement des territoires ? (Cairn info), réalisé par Claude JaninLauren Andres, on retrouve la réflexion suivante : « La friche subie comme la friche instrumentalisée appellent une vision, en d’autres termes une perception des acteurs concernés, qu’elle soit positive ou négative. Cette perception conditionne la demande sociale et la prise en considération collective de la friche. […] Elle détermine le devenir, le basculement, ou non, de la friche vers une phase d’après-friche. » Les territoires se sont ainsi adaptés au fil du temps à l’occupation des sols que nous en avons faite. En nous référant cette fois à un article de la revue Géo Confluences, intitulé  La France : des territoires en mutation. Les nouvelles forêts françaises, par Clément Dodane de l’université de Lyon, nous relevons l’information suivante qui vient dans la continuité de la précédente : « La majorité des nouveaux espaces boisés correspond donc à des extensions naturelles, à partir de friches ou de landes qui ont évolué vers des formes de boisements spontanés (Dérioz, 1991) ». C’est à partir de ces espaces que les forêts de France se densifient à nouveau depuis près de 150 ans (schéma ci-après).

Ces quelques réflexions sur le phénomène de reboisement, avec notamment l’exemple des forêts françaises, rendent compte que nous sommes dans une période qui produit d’une certaine façon une dynamique spontanée de reboisement. Cependant, cette étude admet un certain nombre de limites aux projections ambitieuses de reforestation à l’échelle du globe, à commencer par le temps qu’il faut à un arbre pour qu’il atteigne son plein potentiel de stockage en dioxyde de carbone : 30 ans en moyenne. De plus, le degré d’absorption du CO2 dépend de l’espèce d’arbre, du climat, et niveau de gaz présents dans l’atmosphère, et donc la superficie estimée peut varier. Selon Simon Lewis, professeur à l’University College de Londres, « Les nouvelles forêts peuvent jouer un rôle pour éponger l’excès d’émissions de carbone, mais la seule façon de stabiliser le climat est de faire baisser à zéro les émissions de gaz à effet de serre, ce qui signifie des réductions drastiques des émissions de combustibles fossiles et de la déforestation ». En effet, nous l’avons vu avec la question du développement des énergies renouvelables, un projet de reforestation, même d’une aussi grande ampleur, ne peut pas à lui-seul, résoudre l’ensemble des paramètres du réchauffement qui est une des causes de la déforestation (responsable en 2017, de la disparition de 30 millions d’hectares de forêts).

2. La reforestation : vectrice de développement à multiples échelles

En considérant les difficultés et potentiels obstacles au processus de reforestation, il est néanmoins aujourd’hui nécessaire de nous tourner vers la concrétisation de projets qui présentent tous en un sens un certain nombre de failles, mais qui permettent de faire évoluer actuellement la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Nous pouvons ici nous intéresser au fonctionnement d’un moteur de recherche, « Ecosia » fondé en 2009 en Allemagne, qui prend le pari d’utiliser les recherches de ses utilisateurs, avec les bénéfices qu’elles représentent pour planter des arbres. Le projet vise à trouver de nouvelles alternatives aux problématiques actuelles, qu’elles soient environnementales ou sociales. En effet, la forêt apparaît comme une source de richesses et d’opportunités multiples dès lors que l’on envisage un mode d’exploitation autre que la déforestation. En effet, nous allons voir à travers cette étude de cas, les moyens de parvenir à dynamiser une activité à vocation écologique en pratiquant la reforestation dans certaines zones.

Le principe d’Ecosia est de planter des arbres dans des régions du monde touchées par la déforestation et le phénomène de désertification, en reversant 80% de leur chiffre d’affaire à des associations locales qui se chargent de planter de nouveaux arbres. Impliqué partout à travers le monde, le moteur de recherche surprend par sa transparence au niveau du bilan financier, de l’évolution des projets de reforestation (avec un suivi régulier des rapports financier publié publiquement, ainsi que de nombreux reportages effectués sur place auprès des populations locales, permettant ainsi de contrôler l’impact sur le développement local social et économique, mais également l’évolution des projets de reforestation). Nous pouvons néanmoins nous interroger sur le fonctionnement de ce type d’initiatives et si leur impact est véritablement positif.

Le responsable France d’Ecosia, Ferdinand Richter, explique lors d’une interview que le principal objectif de l’entreprise est de contribuer à créer de nouveaux écosystèmes dans les espaces dont les sols sont devenus stériles à force de déforestation (Madagascar aurait ainsi perdu près de la moitié de son écosystème), les forêts ont brulées (exemple de l’Australie l’année passée), les populations ne parviennent pas à subvenir à leurs besoins en raison de l’importante pauvreté locale accentuée par le manque de ressources (on parle alors de « hot spot de biodiversité »). Le choix de reforestation s’adapte aux types de végétation présentent dans les régions concernées pour assurer une croissance des arbres et la mise en place d’un écosystème harmonieux. L’évolution du travail des associations auxquelles sont reversées les fonds, est surveillée par des experts qui accompagnent la restauration des écosystèmes, également des images satellites, mais aussi des applications qui permettent aux partenaires locaux de géo localiser les parcelles plantées qui permettent ainsi de faire dérouler le conteur que l’on trouve en page d’accueil du moteur de recherche. Les terres doivent être aménagées pour pouvoir retenir l’eau dans des zones sèches ou montagneuses. Le rapport aux populations locales et la politique menée par Ecosia, sont intéressants. En effet, ils travaillent essentiellement auprès de paysans volontaires pour s’investir dans de nouveaux types de plantations. La rémunération proposée permet de remplacer la plantation de palme ou de cultures de soja, par des espèces qui permettront d’engendrer ces nouvelles forêts. De telles démarches permettent de créer des économies locales durables. Le projet a déjà généré la plantation de près de 116 millions d’arbres à travers le monde.

De tels projets, avec leurs forces et leurs faiblesses, cherchent à modifier notre mode de consommation, en transformant ici par exemple nos cherches internet (qui rejettent énormément de CO2 en raison du fonctionnement en permanence des processeurs) en arbres plantés grâce aux partenaires commerciaux des sites internet (1 arbre toutes les 4à recherches à peu près). Ils permettent de générer une activité économique locale positive sur les populations en substituant l’offre en demande de bois ou en produits tels que l’huile de palme ou le soja, par une plantation d’arbres. Stimuler une nouvelle forme d’économie locale qui permette un développement environnemental et social semble être la parfaite alternative aux problématiques rencontrées avec le phénomène de déforestation. Pour l’écologiste José Marcio Carrea Ayres, il s’agit de « développer une présence humaine dans le cadre d’une exploitation durable ». Des ONG comme GRET s’appuient sur ce type de politique et permettent ainsi de lutter contre la pauvreté et les inégalités notamment dans le cadre de contextes de déforestation (ONG financée à 1,8 milliards d’euro par l’UE). Les projets de développement locaux pour la reforestation se multiplient. C’est le cas par exemple de Floresta Viva au Brésil, qui met en place une coordination locale pour le durable et qui selon un de ces fondateurs M. Kibler permet « d’associer les populations locales à des plans de gestion à petites échelles d’exploitations durables ». Nous avons également vu que la place de peuples et minorités permettait souvent d’endiguer des problèmes de déforestation. Nous pouvons ainsi prendre ce dernier exemple de la communauté Assumpçao qui borde la zone désormais protégée de Mamiraua en Amazonie. La mobilisation locale en permis une exploitation durable des ressources naturelles dès 1996 et constitue un des premiers exemples dans son genre.  

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Comment pouvons-nous envisager l’avenir aujourd’hui, dans un contexte où l’être humain est toujours plus nombreux, demande toujours plus de ressources, occupe toujours plus d’espace ? La situation dans laquelle se trouvent les forêts du monde est actuellement plus alarmante que jamais. Les feux de forêts se multiplient, les terres s’assèchent et deviennent stériles, le manque d’eau et la désertification touchent de plus en plus de régions autrefois boisées, alors défrichées pour les besoins de l’agriculture mondialisée. Des populations entières souffrent de l’insécurité climatique qui découle de la déforestation à travers le monde.

Cependant, il y a toujours d’innombrables possibilités pour faire évoluer la tendance vers un avenir positif. Bröstur Eysteinsson, directeur de l’Icelandic Forest Service et coordinateur national d’EUFORGEN s’exprime en ces termes : « My mission is to support growing more forests and better forests to make land more productive and more able to tolerate the pressures that we put on”. Trois millions de graines sont plantées chaque année en Islande dans un souci de recréer un écosystème équilibré qui permette à la fois aux hommes de subvenir à leurs besoins en bois, mais également de développer une nouvelle mentalité locale, une nouvelle façon de penser la terre : « use what you have […] plant them and then expect that they grow, and then the climate changes ». Il faut penser à la façon dont l’écosystème recréé évoluera et vivra. B. Eysteinsson explique qu’il faut connaître l’espace en question, connaitre les plantes qui ont toutes d’une certaine façon, un ADN adapté au milieu dans lequel elles vivent.

Cette recherche de l’équilibre de chaque élément, et de la valorisation du travail local, permet de dessiner les contours d’un tout nouveau futur. On ne peut pas effacer les traces de nos erreurs passées mais nous avons en main les éléments qui nous permettraient d’entrevoir un avenir que l’on avait perdu de vue depuis longtemps.

Marie Zekri

Sources


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